pour Mariola et Nada, à Avignon.
À quoi je pense à ce moment-là ? Devant toi? Devant toi ?
Des milliers de couleurs
Des milliers de formes perceptibles, incontournables
Des lumières et des ombres-
À la louange d’une bande orange
Autour de nos pieds,
Qui flottent sur les pavés
Frais sur frais et
Chaud sous chaud c’est
La nuit et
Nous sommes
Tombées à la place de corps
Saint,
Ou saint
Corps
Je m’en souviens plus-
On a toujours dit “saint corps” et ça fait plus de sens non?
Ou alors, ça peut être “corps saint” car
En ce lieu, on devient pur, honnête
Devant les célestins et des bouteilles remplies-
Et des cigarettes qui brûlent-
La fumé de ta bouche, et de ta bouche-
Sur les escaliers, qui monte qui monte-
Oui, ça peut être « corps saint »
Mais,
On a aussi dit « saint corps »
“où est cette place ?” dit Nada à l’inconnu dans la rue la nuit est peinte aux murs comme au théâtre
et nous sommes perdues un peu pas vraiment mais “merde” oui “merde”-
– dit le encore, ma belle.
Comme mot pour dire
“c’est bête” ou “c’est mal” ou “c’est dingue”
– dit le encore, s’il te plait.
On n’a pas beaucoup de temps.
Et on se parle et on
Se regarde près de la Rhône qui passe en dessous du pont.
L’ensemble-
De la peau douce,
Et Mariola joue sa guitare
Avec tout son corps comme
Vaisseau d’une musique dont je retrouve enfin dans mon cœur,
Cette rivière,
Remplie encore d’une waltz qui chante –
À vous-
Et je baisse la tête
Et je me lève les bras
Pour mettre une robe que j’avais amenée ici
Il y a deux ans
Quand j’ai découvert le festival
Quand j’suis resté à l’hôtel
Quand je rentrais seule
Je me souviens d’avoir regardé cette place,
Je ne connaissais pas le nom,
Mais j’avais envie d’y être-
Et j’ai hésité-
De prendre un verre, de parler à quelqu’un
J’ai hésité-
Et puis je suis passé seule, rentrant à ma chambre, mon lit.
Qui savait un jour que j’y serais revenue
Pour mettre ce matin
Cette même robe
Sur mon corps
Pour y être avec
Vous ?
Leave a comment